Le mythe de la Parisienne

 A l’origine du mythe de la parisienne…

 

 

la parisienne élégante

 

 

Tout le monde a entendu parler du mythe de la parisienne, lui est consacré livres, articles, documentaires, podcasts… (Il semblerait que cet article n’échappe pas à la règle, mais on tentera d’en prendre un angle différent).
 
On dit d’elle qu’elle est indépendante, iconoclaste, naturellement chic, nonchalante avec un « je-ne-sais-quoi » que le monde lui envie. Mais d’où ce mythe de la parisienne ?  Comment s’est-il construit ? C’est ce qu’on va tenter de déterrer ici.
  1. La Parisienne, construction d’un mythe

 

En réalité, la parisienne ne date pas d’hier. Les historiens ont tendance à faire remonter la parisienne comme figure de la mode au XVIIIe siècle sous la figure de proue de Rose Bertin.

Rose Bertin est la modiste de Marie-Antoinette. Rose Bertin est parisienne. Et avec elle, c’est la mode de Paris qui vient s’installer à Versailles. Et puisque Versailles est à l’époque le centre du monde, la mode parisienne se disperse par-delà les frontières. La « ministre des modes », allège (relativement) la silhouette et crée la robe de grossesse. L’Europe entière se l’arrache.

 

Rose Bertin

 Rose Bertin 

La Parisienne s’enracine dans la littérature. Jean-Jacques Rousseau dans La Nouvelle Héloïse, définit les parisiennes comme : « libres, romanesques, résistantes, élégantes ».

 

Paris est au XIXe siècle, déjà, une capitale de la mode et lorsque l’industrie textile se développe à Paris, elle fait de la parisienne une icône du style et de l’élégance. Une sorte d’ambassadrice.  C’est d’ailleurs en 1841, sous la plume de Taxile Delord qu’est officiellement conceptualisé « La Parisienne ».

 

Dans le Paris littéraire et artistique du XIXe siècle, le mythe de la Parisienne se façonne, se développe. Elle est peinte par les plus grands impressionnistes, elle est décrite par les auteurs renommés. Et devient une source de fantasme.

 

 

 

La parisienne de Renoir
La Parisienne de Renoir

 2.  Mais qui est la Parisienne ?

 

On oppose souvent la Parisienne à la Provinciale. La Parisienne aurait ce je ne sais quoi qui ferait défaut à la provinciale. Rousseau l’exprimait en ces termes, toujours dans la Nouvelle Heloise : « La mode domine les provinciales, mais les Parisiennes dominent la mode. (...) On dirait que le mariage n’est pas à Paris de la même nature que partout ailleurs ».

 

Mais alors, le fait de naître hors de Paris empêcherait la provinciale de devenir une Parisienne ? Amies d’ici et d’ailleurs, rassurez-vous, il semblerait que l’un n’empêche pas l’autre. Jane Birkin, Audrey Hepburn ou encore Jean Seberg n’étaient même pas françaises et pourtant elles représentent cet imaginaire féminin français.

 

Bon, et alors c’est qui cette Parisienne ?

 

L’image est très fluctuante voire mutifacette. Elle serait un peu tout à fois. Pour les artistes du XIXe siècle, la Parisienne est une actrice, une semi mondaine. Parfois une bourgeoise un peu dévergondée, une élégante sertie de joyaux, se glissant dans une robe de taffetas…Bref, la défintion est un peu complexe. Il semblerait que la Parisienne serait un peu tout à fois. Dans tous les cas, c’est souvent un regard masculin qui la définit, l’érotise un peu aussi.

 

Isabelle Retaillaud, historienne, expliquait qu’: "Il ne faut pas oublier que cette vision, c’est celle des hommes de la bourgeoisie, qui ont des aventures dans les bordels de Paris. C’est d’abord et avant tout un fantasme masculin. Ceux qui ont inventé les Parisiennes, ce sont les romanciers et les peintres".

 

le regard de l'homme sur la Parisienne

La Parisienne est donc d’abord celle des salons, lettrée et cultivée, bonne causeuse et faiseuse de carrières. La Parisienne est une muse pour les artistes. La Parisienne est politique. Elle s’engage. Comme Louise Michel. Elles écrivent comme Mme de Staël. Elles pensent.  

 

Mme de Stael
Mme de Stael

 

Émerge aussi la figure de la grisette. La grisette c’est la couturière parisienne, habillée de gris ce qui lui vaut donc ce surnom. Elle est élégante et bien vêtue. Ce surnom glisse peu à peu pour nommer la maîtresse d’hommes mariés ou d’étudiants de la Capitale. Un peu cocotte. Encore une fois la mode et les mœurs libérées définissent et fondent le mythe de la Parisienne.

 

maison Paquin
La sortie des ouvrières de la maison Paquin par Jean Beraud
Les grisettes 

 

On définit souvent le style de la parisienne comme étant un mix and match de pièces de belle facture voire luxueuses avec d’autres de moindre qualité. "Elles mélangent de la haute couture avec des petites broderies, des quincailleries, et ça, c’est vraiment le talent ultime de la Parisienne, cette faculté de se bricoler un truc chic avec des choses chères et griffées et des choses du marché" ( Anne Boulay).

 

la parisienne en noir
Parisienne Place de la concorde par Jean Beraud 
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scène de vie parisienne

 Scène de rue parisienne par Jean Beraud

 

La Parisienne devient mondiale lors de la première exposition Universelle à Paris de 1900. Au sommet du monument d'accueil, une statue est érigée. Appelée « La Parisienne », la figure de l’habitante de la capitale devient une image de représentation.

 

Entrée de l'exposition de 1900, place de la Concorde
Le mythe de la Parisienne était définitivement lancé…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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